Lettre d'info - abonnez-vous

Rechercher de la documentation

Rechercher une séance par mots-clés

Contact : Envoyer un email

Scolaire

Présentation Ecole et cinéma Collège qu cinéma Lycéens au cinéma Pistes pédagogiques

Les 39 marches

Alfred Hitchcock

Alfred Hitchcock

Réalisateur né à Londres en 1899, travaille en Angleterre jusqu’en 1939 puis part aux Etats-Unis, engagé par un des plus grands producteurs américains de l’époque David O’Selznick (producteur entre autres de AUTANT EN EMPORTE LE VENT). Ce dernier avait engagé Hitchcock pour qu’il réalise un film sur le naufrage du Titanic pour finalement lui proposer en 1940 d’adapter le roman de Daphné du Maurier Rebecca.

Hitchcock est sans doute un des cinéastes les plus commentés de l’histoire du cinéma (exception faite de Charles Chaplin).
Il sera découvert en France par la Nouvelle Vague et notamment par François Truffaut qui écrira un livre-somme sur lui Entretien avec Hitchcock.

Le film

Le plus célèbre de la période anglaise, même si Hitchcock en fera 4 par la suite dont Jeune et innocent et Une femme disparait.
Ce film arrive juste après le succès de L’homme qui en savait trop (1ère version) qui lui donne du poids pour diriger la production suivante.
C’est l’adaptation d’un roman écrit en 1915 par John Buchan. Hitchcock trouve chez ce romancier quelque chose qu’il nomme l’understatement que l’on peut traduire en français par la présentation d’évènements dramatiques sur un ton léger.

Références nombreuses au cinéma expressionniste allemand jouant à la fois sur les décors (certains sont naturels, mais la plupart ont été réalisés en studio) et la lumière. Gros travail sur l’ombre et la lumière : comme dans M le maudit, le danger arrive par la présence de tâches sombres sur l’écran, reflets des ombres, représentations du danger.

Il y a aussi la séquence de l’auberge dans laquelle se réfugie le héros qui a des aspects du cinéma de F.W. Murnau (un des grands cinéastes expressionnistes).

Comme le suggère Pascal Bonitzer, le danger chez Hitchcock arrive par la présence d’une tâche (Fenêtre sur cour, Psychose, La mort aux trousses...)

Certaines séquences sont restées célèbres dans l’histoire du cinéma pour leur inventivité : ainsi l’enchaînement sonore entre le cri d’une femme et le sifflement d’un train.

On a coutume de dire que l’on retrouve dans ce film le meilleur d’Hitchcock, à savoir :
-  un vrai sens de l’atmosphère et du suspens (il apparait au regard de l’ensemble de son œuvre qu’il est insuffisant d’associer son nom au seul "maître du suspens", l’œuvre d’Hitchcock a été catalogué dans quelques genres très proches : le film de suspens, le film d’espionnage .... Avant tout il s’agit de comprendre que c’est un réalisateur inventif qui a laissé une empreinte très forte dans l’histoire du cinéma mondial)
-  thème classique de son œuvre : un homme accusé d’un crime qu’il n’a pas commis doit lutter pour prouver son innocence. Parallèlement une histoire d’amour va naître et pour qu’elle se concrétise il va falloir qu’il traverse des épreuves. C’est le premier film qui aborde ce thème de l’innocent accusé à tort et qui doit lui-même trouver les coupables. Pour cela il doit s’associer au service d’une femme qui d’abord ne l’accepte pas puis lui accorde son aide (ici en plus il sera attaché physiquement à elle par des menottes)
-  un humour très british, parfois grinçant
-  l’art du coup de théâtre
-  la manipulation du spectateur à travers la notion de focalisation (il organise les différents points de vue du film pour mettre en place l’histoire par rapport à l’interprétation du spectateur).
-  Le suspens : Il s’agit de donner au public une information que les personnages de l’histoire ne connaissent pas encore. Ainsi le spectateur qui en sait plus que le héros s’interroge : "Comment la situation va-t-elle se résoudre ?".
-  C’est toute la différence entre le suspens et la surprise selon Hitchcock : la surprise c’est lorsqu’une bombe éclate soudainement, le suspens c’est lorsque l’on a montré au spectateur l’existence de cette bombe et que le temps avant son explosion nous est compté. Tous les films d’Hitchcock joue avec le point de vue du spectateur.
-  le montage de ce film est très moderne avec notamment une utilisation de l’ellipse et une très grande vitesse du récit. Il y a de ce fait une très grande rapidité dans les transitions.
-  le film n’est pas fondé sur la vraisemblance, mais sur une imagination fertile, qui implique des rebondissements dans l’action sans souci d’un très grand réalisme. Hitchcock disait : "Certains films sont des tranches de vie, les miens sont des tranches de gâteaux".
-  le héros hitchcockien : issu de la classe moyenne, quelqu’un d’ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaires et notamment un affrontement systématique aux Forces du Mal. Il est généralement séduisant : ici Robert Donat, dans d’autres films, Cary Grant, James Stewart ... ayant en permanence des problèmes avec les femmes. Certaines biographies d’Hitchcock évoque le fait que ces problèmes-là étaient vraisemblablement latents chez ce réalisateur. Pour ce qui est des actrices, il est à noter que la période anglaise met en scène plutôt des brunes alors que la période américaine montre des blondes explosives (Kim Novak, Grace Kelly et Ingrid Bergman.
-  la figure du Mac Guffin. A savoir le secret que le héros doit découvrir. Le Mac Guffin est en fait le prétexte qui fait avancer le héros et donc l’action du film. Il peut être un objet ou un secret qui n’a finalement d’intérêt que pour les personnages du film mais aucun pour le spectateur. Pour Hitchcock toute histoire d’espionnage doit avoir son Mac Guffin.
-  ce film fonctionne en boucle : le lieu de départ de l’action est un music-hall et l’issue du film se déroulera dans le même type de lieu et entre temps Hitchcock nous aura promené au gré de sa fantaisie en Angleterre et en Ecosse.

Le film reçut un accueil enthousiaste en Angleterre, de même aux Etats Unis.

Deux remakes ont été réalisés : l’un en 1958 par Ralph Thomas et l’autre par Don Sharp en 1979, évidemment deux films qui ne soutiennent pas la comparaison avec celui d’Hitchcock.

Et comme dans tous ces films (à l’exception de trois semble-t-il : L’homme qui en savait trop, Quatre de l’espionnage et Taverne à la Jamaïque), il est présent à l’image dans un seul plan au bout d’environ 6 minutes.